Bilan Pologne

Je peux ici me permettre de faire un bilan car j'ai passé plus de 15 jours dans ce pays. Globalement les polonais sont des gens plutôt sympathiques et souriants dans un cas sur deux (mais c'est quand même mieux que les russes!!) toujours prêt a donner un coup de main ou a renseigner. C'est un peuple en pleine évolution qui nous ressemblera bientôt. Les jeunes veulent faire du business et sont avides d'évolution et de changement. On trouve de nombreuses enseignes françaises et étrangères mais aussi encore de petites boutiques a la "russe" qui vendent de tout. Les boutiques privées sont ouvertes tous les jours jusqu'à 21h ou 22h (18h le dimanche) mais toutes les administrations d’état y compris les offices de tourisme sont fermés à 16h. La nourriture n'est pas d'une grande finesse mais les fameux pieroglis sont consistants et bons pour les cyclistes (sorte de gros raviolis fourrés à la viande, aux pommes de terres et aux légumes...). On peut se nourrir dans les cantines ou les bars à spaghettis pour pas trop cher. Coté routes,même les voies secondaires sont goudronnées (ce qui n'était pas le cas des pays précédents). Tous les petits villages ont de minuscules épiceries qui vendent de la nourriture et des glaces... glaces qui sont très peu cher alors j'en ai mangé pas mal! Galère pour trouver les campings très peu nombreux plutôt propres et bien entretenus mais avec des sanitaires semblant sortir des années 60... mais bon il y a l'eau au robinet et les douches sont chaudes alors on ne va pas se plaindre après être passé par la Mongolie.
Côte environnement : beaucoup de foret, encore quelques bouteilles plastiques et déchets d'une célèbre enseigne de fast-food que l'on retrouve partout dans le monde et dans les fosses du monde!!! Beaucoup de centres d'éducation à l'environnement qui accueillent les scolaires, les familles, le week end et les vacances pour expliquer la nature. Pas si bête, une fois que l'on aime et que l'on comprend la biodiversité et la fragilité des écosystèmes on est plus à même de la protéger. Il y a de nombreux panneaux à l'entrée des forêts sur lesquels sont indiquées les adresses de  ces centres et d'autres panneaux  pour la protection incendie. Premier pays où je vois des poubelles "je trie" pour les particuliers (sans doute il y en avait aussi dans les pays baltes mais je ne les ai pas vues).


Passage de frontière 18/08/2007

 Rien a signaler. Coté polonais ils ont regardé mon passeport, ont vu que j'étais française et m'ont dit "au revoir"
en francais. Côté allemand, je n'ai vu personne, alors j'ai continué à pédaler vers la France...


Torun, Poznan, Wroclaw 15/08/2007

 3 belles villes touristiques, que j'ai parcourues, assez rapidement qui se ressemblent toutes un peu avec un vieux centre historique aux façades colorées et des blocs de béton aux entrées des villes. Je suis surprise pas leur modernité . Je ne m'attendais pas vraiment à ça venant des pays dit de l'Est. Reste les tramways qui sont de belles antiquités russes... je vous laisse découvrir tout ça en photos

Oswiecim-Auschwitz 12/08/2007


Il n'y a pas de mots pour décrire l'indescriptible
    pas de mots pour décrire l'odeur de la pièce où les cheveux des femmes sont exposés
    pas de mots pour décrire la forêt où les gens attendaient et faisaient la queue pour aller mourir
    pas de mots pour décrire la potence collective au milieu de la cour d'appel ou les cellules de 90X90cm où les prisonniers mouraient d'étouffement...

On a tous vu des photos, vu des films, lu l'Histoire mais pour avoir la vraie dimension des choses il faut y aller... ressentir cette odeur de cheveux, mettre les pieds dans la boue, là où des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants ont attendu parfois des heures l'appel (celui du 6 juillet 1940 qui dura 19h). Des Juifs, des tsiganes, des homosexuel(le)s, des prisonniers politiques sont morts ici. Reste les « pourquoi » qui sont pour moi un mystère. Les  comment , les tenants et les aboutissants  on les connaît. Mais pourquoi ?


05/08/2207 Warsawa


3 grosses étapes pour en arriver là : 128, 157, 176km à un bon rythme. C'est assez plat, le vent est nul ou favorable et je n'ai pas grand chose d'autre à faire de mes journées qu’à pédaler...alors je pédale. Pour la dernière étape de 176 km c'est l'arrivée à Varsovie : Décathlon, Carrefour, Auchan, Leclerc, Castorama, Leroy Merlin, Ikea... ça commence mal, on se croirait en france. Vive l'Europe!! Une chose est certaine, l'Europe existe pour développer l'économie de marché, voire la mondialisation ... Bref... J'arrive à 20h, prends évidemment une route interdite aux vélos et me retrouve sur les échangeurs où les voitures et camions m'arrivent de chaque côté à toute vitesse en klaxonnant. Là, je suis prise d'un grand fou rire, on se demande bien pourquoi, sans doute dû à la fatigue mais je m'empresse de regagner la bande d'arrêt d'urgence pour plus de sécurité! A Varsovie, il y a de nombreux parcs, un petit centre historique à côté de gros buildings en verre. Mais c'est aussi et surtout la ville de naissance de Marie Slodowska-Curie dont je suis une grande admiratrice. Elle a déterminé quelques points de ma vie, comme par exemple, les voyages en velo. A ce sujet elle écrit dans son esquisse autobiographique "nous nous réjouissions de ces journées entières en route, choisissant de loger à chaque fois dans un endroit nouveau". Un petit musée lui est consacré dans sa maison natale et c'est ce qui me pousse à rester une journée entière. C'est avec une certaine émotion que j'ai visité ce musée. J'ai passé le reste de ma journée à me balader dans cette ville pleine d'histoire et de gens célèbres.



03/08/2007 - A la ferme

Après une étape de 157 km je m'arrête à Stare Jezewo pas très loin de la route principale pour trouver un carré d'herbe pour planter ma tente chez quelqu'un. La première personne me dit Niet assez sèchement ; ça commence bien. Plus loin, une dame avec sa petite fille. Je tente de lui expliquer que j'ai une tente mais pas d'endroit pour la planter et que je suis fatiguée. Mais je parle mieux russe que polonais et mis à part bonjour (jandobre) et merci (jancouye), j'ai du mal à me faire comprendre. Elle appelle son fils qui connaît trois mots d'anglais et sa fille qui vit à Londres et qui est ici pour les vacances. Je leur explique qui je suis, d'où je viens et hop, on me libère un carre d'herbe, l'emplacement de la voiture. Ici chaque place est utilisée : je suis dans une ferme. Je plante donc ma tente au milieu des bouses de vaches et des crottes de poules. A 21h, la machine pour traire les vaches se met en route, les vaches en meuglent de bonheur d'avoir les pis vides. A 22h le tracteur rentre et se gare à côte de ma tente dans laquelle j'essaye de m'endormir, le chien aboie !!!. Le lendemain à 5h30 c'est reparti : remachine, retracteur, revaches qui meuglent, rechien qui aboie et le coq s'y met. Le fermier lui, traîne ses bottes en sifflotant. Bien!! La journée sera longue et une longue étape m'attend jusqu'a Varsovie (176km). On m'offre un thé, des gâteaux (très sympa ce séjour à la ferme) et c'est reparti.


02/08/2007 Passage de frontière



Côté Lituanien on me demande mon passeport mais juste pour vérifier qu'il est européen, le douanier ne l'ouvre même pas pour vérifier que c'est bien le mien ! Côté polonais, rien, je n'ai pas vu l'ombre d'une personne... 10 km avant la frontière j'ai rencontré Ivgueni, un Letton de 18 ans qui a décidé de rallier Riga à Paris en vélo en 30 jours (2700 km) sans aucun jour de pause en faisant 100km par jour. Nous faisons route ensemble jusqu'a Suwalki (première ville étape polonaise pour moi). Le lendemain je le rattrape sur la route : il a un rythme de papi avec son vélo. Nos routes se séparent à la fin de cette journée, il tient sa cadence de 100/110km par jour avec des moyens dérisoires : un vélo acheté en grande surface, un cageot en plastique fixé sur le porte-bagages arrière et dedans un vieux sac à dos russe avec sa tente, à l'avant un panier pour ses provisions et sa bouteille d'eau et sur son dos un petit sac à dos avec toutes ses cartes et autres trésors. Comme vêtement il a un survêtement bleu qu'il porte sur lui et deux tee-shirts. Il travaille deux mois à tondre les pelouses des habitants de ventspils pour pouvoir se payer ce périple. Je voyage en classe de luxe et lui en classe éco!!... et pourtant, nulle doute qu'il sera à Paris dans les délais qu'il s'est fixé. Courageux, volontaire et déterminé... chapeau bas.